Contrechamps
Exposition à La maison de la photographie des Landes
Rue Lucette Moreau à Labouheyre
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Du 18 septembre au 16 octobre 2021
Ouverture le samedi 18 septembre à 11h
Finissage le samedi 16 octobre à partir de 16h
Horaires d’ouverture :
les Mercredis et samedis de 15h à 18h30
les Jeudis et Vendredis de 15h à 17h30
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Cette exposition restitue les projets de David Falco et Leila Sadel, réalisés en résidence dans les Landes au début de l’année 2021. Direction artistique : Lydie Palaric
> Dossier de presse
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Contact
Orlando Garcia
Mairie de Labouheyre
Responsable du Service Culturel
05 58 04 45 07
Site de la MPL

 

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Résidence de création
Maison de la Photographie des Landes à Labouheyre
Mars & Avril 2021

IMGL7107

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Vous en avez déjà trophées
Exposition collective à Cumulus
163 rue Emile Combes à Floirac
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Du 15 au 24 octobre 2020
Ouverture le jeudi 15 octobre à 14h30
Horaires d’ouverture : les jeudi, vendredi et samedi de 14h30 à 19h
Ou sur rendez-vous au 06 79 81 50 44
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Artistes participants : Sylvain Bourget, Clément Collet-Billon, Estelle Deschamp,
Pierlo Dogan, Guillaume Hillairet, Junliu & Gael, Andrea Ho Posani, Leila Sadel, Jeanne Tzaut
Projeteur d’exposition : Clément Collet-Billon
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D’après la presse à scandale qui s’engraisse sur les ragots qu’elle rapporte, Michael Jackson aurait, à plusieurs reprises, échafaudé des stratagèmes et autres tentatives désespérées pour convaincre la reine Élisabeth II de l’anoblir. Cette distinction, ce titre, cette médaille, bref… cette formalisation d’une reconnaissance obtenue lors d’un cérémonial protocolaire aurait-elle mis un terme à cette insatiable soif de reconnaissance de la part d’une personne qui jouit déjà d’une notoriété mondiale ? Plus largement, notre seule motivation serait-elle que nous parions nos vies, désormais affichées en ligne, d’une tapisserie de décorations ? A travers un choix de pièces fortes qui entrent en dialogues et se répondent les unes les autres, l’exposition « Vous en avez déjà trophées » évoquera les questions énoncées ici.

Récompensées par ces friandises pour adultes que sont les « likes » ou les commentaires, nos existences exposées sur les media sociaux font bien plus que de se dématérialiser. Elles se désincarnent, notamment lorsque nous nous trouvons intimidés à l’idée d’exprimer une opinion minoritaire ou que nous consentons à nous diminuer sous la toise des propos ou expériences mesurables, puisque convenus, attendus, et donc, évaluables, notables. La vie scolaire et son rituel mortifère continuent après l’école, après l’admission ou l’ajournement à un diplôme – induisant par là-même un niveau d’études. Cravacher, recracher ses leçons, courir après les bonnes notes, les mentions, les examens sous-tendent la promesse, pour les plus modestes d’entre nous, d’une ascension sociale, d’une extraction du milieu d’origine. L’examen est un instrument de mesure qui officialise le classement des individus, renforce les privilèges des uns devenus, par l’obtention de ce titre, légitimes à considérer avec dédain les autres, souvent les membres des classes populaires qui ont été éliminés tôt du cursus scolaire et/ou relégués dans des filières moins prestigieuses.

Plus ou moins ponctuellement, certains individus se constituent en communautés afin de définir leurs propres normes et leurs propres règles. Cependant, il subsiste chez certains membres de ces communautés une volonté de trouver leurs justes places dans une hiérarchie. Est-ce le dressage inoculé depuis la plus tendre enfance qui les conduit à cela ? S’agit-il simplement d’un besoin sans cesse renouvelé de briller en société en décernant des prix à ce qui est considéré d’ordinaire comme une contre-performance, une absurdité ? La création – non sans humour – de nouveaux codes, de nouveaux critères d’évaluation de l’excellence apparaît-elle comme une volonté de restaurer une meilleure estime de soi et de conjurer l’acceptation d’un verdict marqué du sceau indélébile d’un académisme lié à l’école ? Cette même école qui, en tant qu’institution, « transforme les inégalités socialement conditionnées devant la culture en inégalités de succès, interprétées comme inégalités de dons qui sont aussi inégalités de mérite.[1] » Si les goûts, les idées, la fascinante aisance à discourir ne sont pas que le fruit d’années d’études, la partie la plus privilégiée de la bourgeoisie arrive presque à nous faire croire que tout ceci est inné, qu’il n’est pas question d’une éducation inégalement répartie et d’aptitudes héritées. A travers une démonstration d’amour pour l’art, voire une ruée vers celui-ci, cette élite érige une barrière invisible et infranchissable entre ceux qui ne sont pas touchés par la grâce et ceux qui le sont, séparant et essentialisant ainsi la société en deux parties, les barbares et les cultivés. Alors que les uns se sentent exclus, les autres entretiennent un sentiment d’appartenance jusqu’au « monopole de la manipulation des biens de culture et des signes institutionnels du salut culturel.[2]» Pour le collectionneur François Pinault, « l’art n’est pas qu’un investissement.[3] » Le mécénat peut servir à travestir une image de prédateur capitaliste en bienfaiteur protecteur des arts. Le néolibéralisme économique engendre de nombreux ambitieux qui simulent leur abnégation et leur dévotion au bien commun pour masquer leur avidité d’appropriation exponentielle. Et celle-ci va de pair avec une inquiétante exploitation des ressources naturelles de la planète, ainsi que des classes laborieuses. Dans sa compétition effrénée (et pipée) à posséder toujours plus, une minorité de dominants contraint certains de nos semblables, qui connaissent la sécheresse, la misère, la guerre… à l’exil et à caresser l’espoir d’un avenir plus radieux, ailleurs…
Clément Collet-Billon
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[1] in « L’amour de l’art, Les musées d’art européens et leur public » de Pierre Bourdieu et Alain Darbel, p. 164
[2] idem, p.167
[3] in « Grands et petits secrets du monde l’art » de Danièle Granet et Catherine Lamour, p. 142
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Le flyer de cette exposition a été réalisé avec une photographie de Junliu & Gael. Il s’agit d’un des travaux de ce duo d’artistes, des trophées destinés à une compétition de e-sport.

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