Face à l’inconnu, une relecture du monde, une interrogation de nos savoirs et acquis s’imposent. Pour comprendre ce qui nous échappe il est nécessaire de créer de nouvelles relations et d’associer les choses, même les plus improbables, entre elles.

Mon cheminement artistique est ponctué de moments de collecte d’éléments. L’exploration de lieux, d’images, d’objets permettant d’instaurer des récits se prolonge et active naturellement ma réflexion et mon travail.
Ces moments m’imposent un temps d’observation et d’appropriation du contexte où je me trouve.
Lorsque nous arrivons dans une ville, un pays inconnu, nous vivons de nombreux changements et nous entrons dans une certaine errance. Elle peut être associée au mouvement, à la marche sans but précis, à l’idée d’égarement qui conduit à une certaine perte de soi-même. Elle n’en reste pas moins une recherche de repères et une quête de sens et de finalité. Ma démarche s’inscrit dans cette forme d’errance volontaire, c’est un parcours incertain, parsemé d’interrogations et enrichi par le hasard des rencontres.
Mon travail questionne la manière de s’approprier un espace : s’en imprégner, l’investir pour l’adapter à sa dimension et à son rythme. Je traverse et parfois m’efforce de pénétrer des contextes qui me sont étrangers, d’explorer des expériences humaines.

Je m’insère dans les brèches : les vides et les entre-deux, les lacunes dans les histoires, les hors-champ dans les images. J’explore et me projette dans ces espaces en creux. Ils évoquent des histoires, permettent de s’approprier les éléments qui les cernent.
Dans mon travail, ces éléments iconographiques et textuels collectés, de l’ordre du présent et du passé, s’entrecroisent. Les dispositifs que je crée pourront faire écho aux images mentales et aux parcours de chacun. L’articulation de ces éléments singuliers empruntés au quotidien, sous la forme de photographies, d’installations, de dessins ou de vidéos révèle la trace de ces narrations, souvenirs et expériences.

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